... CIRCONVOLUTIONS ZérRATIQUES ET TOUS Z'AzIMUTS AUTOUR DE L'IMAGE ....

01.05.2012

Dis papa, c'est quoi le "vrai" travail ?

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"Prenez le pouvoir". "Vive le faux travail". "J'veux d'humain, j'veux du bonheur".
Le défilé du 1er mai a fait rues combles dans le centre-ville de Perpignan.
2 500 selon la police. 6 000 selon les syndicats.
Près de dix fois plus, en tout cas, qu'en 2011.
Coloré, festif, revendicatif, le cortège s'est déployé dans les artères de la préfecture roussillonnaise au son du tromblon et de l'accordéon.
Arrêt sur image.

© J.-L.B / Perpignan / Mai 2012

26.04.2012

Recto verso

Coté pile : le patio d'un hôtel particulier dans lequel traîne-trône le buste du peintre Hyacinthe Rigaud. Pluie de polars un jour d'orage sur un parterre en fleurs.
Coté face : du porche donnant sur la bien nommée rue de l'Ange, une cascade de vieux ouvrages écornés virevoltent au gré des sautes d'humeurs d'une tram facétieuse.
Couv' et quatrième de couv' tourneboulent à tire-larigot, mettant ainsi en orbite un flot de mots goguenards à la typo élégante.
Jour de Sant-Jordi, fête du Livre et de la Rose dans les rues de Perpinyà.

© J.-L.B / Perpignan / Avril 2012

21.04.2012

Réflexion

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A quoi peuvent-elles bien penser, les muses Perpignanaises d'Aristide Maillol ?
Impassibles, elles restent de marbre.
Rodin occuperait-il à ce point leur esprit au point d'en imiter l'attitude ?
Rien ! Elles ne diront rien sur le sujet.

Pas même en catalan.
Pas même à l'occasion de la préparation d'une réception offerte dans le patio de l'hôtel de ville pour fêter la Sant Jordi. La belle Méditerranée aux formes girondes n'est pas encore prête de dévoiler son secret.
Mais le sera-t-elle un jour ? Rien n'est moins sûr.
Et c'est sans doute bien mieux ainsi...

© J.-L.B / Perpignan / Avril 2012

17.04.2012

Massoud Hossaini distingué par le Pulitzer pour la photo de cette fillette en pleurs après un attentat suicide à Kaboul

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Le photographe de l'AFP Massoud Hossaini a été distingué cette semaine à New York par un prix Pulitzer, l'une des récompenses américaines les plus prestigieuses en matière de journalisme, pour la photo d'une fillette en pleurs après un attentat suicide à Kaboul en décembre.
Ce prix, dans la catégorie "photographie breaking news", récompense la photo "déchirante d'une fillette pleurant de peur, après un attentat suicide à Kaboul", a précisé le jury.
C'est la première fois que l'AFP remporte un prix Pulitzer. "Une simple photo, fascinante, dont on se souvient longtemps", a déclaré lors d'une conférence de presse le responsable du prix, Sig Gissler. Dans un message de félicitations, le PDG de l'Agence France-Presse, Emmanuel Hoog, a estimé que "le prix Pulitzer qui honore cette année l'un des plus courageux et brillants journaliste-photographes de l'AFP, Massoud Hossaini, montre combien notre exigence de qualité et d'engagement couvre et doit couvrir toutes les disciplines du talent journalistique d'aujourd'hui. Bravo et félicitations à Massoud Hossaini". "Aujourd'hui, dans le domaine de l'information, le texte sans image est pauvre, l'image sans texte est insuffisant, les deux rassemblés - et pour l'image, qu'elle soit fixe ou animée - constituent l'exigence journalistique du XXIe siècle", a-t-il ajouté. De son côté, Massoud Hossaini s'est dit "extrêmement heureux d'être le premier Afghan à remporter un Pulitzer". "Je suis aussi honoré d'être un Afghan qui puisse témoigner de la vie et des moments difficiles auxquels les gens font face ici. Je sais que quiconque verra cette photo pensera d'abord au photographe, mais j'espère vraiment qu'ils n'oublieront pas la souffrance endurée par le peuple d'Afghanistan".
Massoud Hossaini, 30 ans, photographe du bureau de l'AFP dans la capitale afghane, y couvrait une procession chiite le 6 décembre dernier lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser. "Je couvrais les célébrations de l'Achoura, au cours desquelles des hommes se flagellent avec des chaînes (terminées par des lames), quand soudain il y a eu une énorme explosion", avait à l'époque raconté le photographe. Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées pour assister à la procession, près d'un sanctuaire chiite dans le centre-ville. "Les gens s'enfuyaient et moi je courais dans le sens inverse", avait ajouté Massoud Hossaini, qui s'était précipité vers le lieu de l'explosion, survenue quelques dizaines de mètres derrière lui pendant qu'il photographiait la procession. "Immédiatement, j'ai vu de nombreux corps par terre, beaucoup de gens en pleurs, d'autres prenaient des photos ou des films avec leurs téléphones portables, des gens criaient "A mort Al-Qaïda!", +A mort les talibans!"".
L'attentat avait fait près de 70 morts, le plus meurtrier en Afghanistan depuis un attentat contre l'ambassade d'Inde en juillet 2008. "Au bord de la chaussée, non loin de la mosquée, il y avait un endroit où des femmes et des enfants étaient rassemblés pour regarder la procession. J'ai vu de nombreux enfants blessés, qui ne bougeaient pas", selon le photographe. "J'ai vu une fillette d'une douzaine d'années, Tarana, totalement en sang, elle ne savait pas quoi faire (...) elle pleurait beaucoup". C'est elle qui figure sur la photo qui a valu le Pulitzer à Massoud Hossaini. Cette photo lui avait déjà valu d'être distingué au World Press Photo Award 2011, en février dernier, avec le deuxième prix dans la catégorie "Information". 

16.04.2012

Manifestation du Front National dans les rues de Perpignan

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Lors du passage éclair de Nicolas Sarkozy dans les Pyrénées-Orientales, venu rendre hommage aux harkis et reconnaître "la responsabilité de la France" dans leur "abandon", le Front National organisait parallèlement une manifestation pour dénoncer la "récupération électoraliste" du président candidat à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle.
Sous la conduite de Louis Alliot, vice-président du FN et de l'avocat Me Gilbert Collard, quelques dizaines de militants et sympathisants ont assisté au dépôt d'une gerbe devant le monument aux morts du square Bir Hakeim de Perpignan avant de participer à une réunion publique.

© J.-L.B / Perpignan / Avril 2012

11.04.2012

Arrivederci Venise

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Venise ! Venezia ! Tout a été dit et écrit sur cette ville envoûtante. Que rajouter de plus qui n'ait déjà été dépeint sur la Cité des Doges ? Portaiturée à tout va. A la gouache ou aux épais pigments huilés. Photographiée plus qu'à l'envi par des hordes de touristes venus du monde entier.
Venise, l'hiver, brumeuse et mystérieuse. 
Venise, arpentée au clair de lune mielleux d'une fraiche soirée printanière. 
Venise, baignée dans une douce lumière de fin de journée d'automne. La belle indolente, pataugeant dans le clapot d'un vaporetto. S'esclaffant au bon mot d'un gondolier glissé à l'oreille sous le pont des soupirs.
Venise la sulfureuse. La braillarde les jours de marché.
Venise la libertine qui rechigne à tomber le masque les soirs de carnaval. Comment raconter Venise qui n'ait déjà été loué ? Comment percer les mystères de son âme par pixels interposés lorsqu'on découvre, ses trésors cachés, pour la toute première fois. Le regard est pétrifié. Cherche à soulever le voile. En vain. 
Reste juste alors quelques instantanés. Glanés vite fait à la volée. Trop rapidement dérobés pour pouvoir se démarquer des millions de clichés déjà clique-claqués. Pardon Venise ! 
Arrivederci, Venezia !

© J.-L.B / Venise / Mars 2012

04.04.2012

New York / Venise : dans les pas d'Elliott Erwitt

© J.-L.B / New York, mai 2011 / Venise, mars 2012.

Il est parfois des clins d'oeil du hasard qui laissent pantois !
New-York, mai 2011, 6e avenue. En vitrine du Centre international de la photographie, une affiche géante annonce en larges lettres blanches une rétrospective consacrée à l'oeuvre d'Elliot Erwitt, l'un des derniers survivants de la génération dorée des photojournalistes du XXe siècle.
Cinq ans auparavant, le festival Visa pour l'image lui avait rendu un vibrant hommage à Perpignan. Un authentique coup de foudre. 
Pas d'hésitation donc à avoir. Vite, pénétrer à l'intérieur du bâtiment pour chercher à en savoir un peu plus. Fou ! C'est le jour du vernissage. Dingue ! Erwitt en personne est annoncé. Il est même prévu qu'il se soumette à une séance de dédicace. Impossible de laisser filer pareille occasion.
A l'heure prévue, l'ex-"monstre sacré" de l'agence Magnum arrive d'un pas lent accompagnée d'une jolie assistante qui le soutient par le bras. A 83 ans, ce fils d'émigrés russe, né en France en 1928 avant de trouver refuge à New York à la veille de la seconde guerre mondiale, a la démarche un peu hésitante mais le regard pétillant de malice. A l'image de ses photos toujours empreintes d'ironie et en quête du fortuit. 
Un peu ému, je lui tend le livre qui retrace ses cinquante ans de carrière pour qu'il y dépose son élégant paraphe. Délicieux moment agrémenté d'une coupe de champagne rosé !
Venise, mars 2012. Piazza San Marco. Une bâche colorée apposée en façade du musée Correr signale une exposition consacrée au peintre autrichien Klimt à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance. Tiens, tiens ! Sur place, placardée en vitrine, une petite affiche noir et blanc d'une vue connue de Manatthan (celle du bouquin "Personal Best") indique la tenue d'une expo photo d'Elliot Erwitt. La même qu'à New York. Drôle de jeu de piste. Les choses en restent néanmoins en l'état. L'ombre d'Erwitt disparaît alors dans les drapés voluptueux de Klimt.
Deux jours plus tard, fin de journée. Une douce lumière irradie la lagune. Le temps idéal pour s'en aller glaner quelques clichés sur l' île de la Giudecca. Lorsque soudain, en arrivant en bout de jetée, à hauteur d'un superbe palais vénitien, le regard est attiré par un petit attroupement qu'un carabinieri tente timidement de juguler. Bizarre. En pressant le pas et en arrivant sur place, la silhouette d'un vieil homme, légèrement voûtée, se détache de la foule. Non : c'est pas vrai. Si ! Incroyable. C'est bien lui. Lui, l'infatigable Erwitt !
Juste le temps de clique-claquer à la volée une nouvelle photo et il disparaît dans le porche d'un hôtel tout proche, toujours sous belle escorte.
Eternel Erwitt ! A quand - et où - la prochaine rencontre impromptue au détour d'une rue ?...


02.04.2012

Joel-Peter Witkin et ses "bizarreries humaines" à la BnF Richelieu

witkinsAmes sensibles, s'abstenir ! La souffrance, la difformité, la mort mais aussi l'extase à travers des sexualités hors normes s'invitent à la BnF Richelieu jusqu'au 1er juillet à l'occasion d'une exposition consacrée au photographe américain Joel-Peter Witkin.
Prudente, la Bibliothèque nationale de France tient d'emblée à avertir les visiteurs que certaines oeuvres de Witkin qui explore les splendeurs et misères de la condition humaine, sont susceptibles de heurter des sensibilités.
Dans des mises en scènes sophistiquées et rigoureuses rappelant les images pieuses, les nus ou natures mortes de Witkin, né en 1939 à New York, célèbrent ses deux thèmes de prédilection : l'éros et le sacré. Ses parti-pris audacieux et souvent dérangeants, composent une oeuvre unique sur la scène photographique mondiale.
Intitulée "Enfer ou Ciel", cette monographie inédite présentée à Paris propose un dialogue inspiré entre 85 photographies de Witkin qu'il a spécialement sélectionnées, et 45 estampes d'autres artistes, de la Renaissance au XXe siècle, puisées dans les collections de la BnF.
Photographe, mais aussi dessinateur, peintre et graveur, Witkin ne cesse de s'interroger sur la représentation du corps. Faisant appel à des modèles non professionnels rencontrés au hasard de ses voyages, il aborde tous les aspects de la chair, en s'inspirant des grandes oeuvres classiques.
Instantanés de fétichisme, auto-érotisme, sado-masochisme, exemples d'hermaphrodisme et d'obésités sublimées, parmi d'autres "bizarreries humaines" selon le titre de l'une de ses oeuvres, défilent devant le visiteur. "L'oeuvre de Witkin met en lumière une inquiétude métaphysique sur la condition humaine, à travers le corps et son devenir mortel, la gloire et la misère de la chair. Il réinterprète la mythologie, les figures christiques, évoquant toutes les facettes de l'humanité, y compris ses fragilités et bizarreries", souligne Anne Biroleau-Lemagny, conservateur général au département de la photographie de la BnF, et commissaire de l'exposition.
Joel-Peter Witkin qui donnera une master class le 2 avril à la BnF François-Mitterrand, s'est toujours déclaré en désaccord profond avec le politiquement correct. "La vie est un combat et je la montre telle qu'elle est réellement. La difformité est présente dans l'art de Vinci, de Velasquez, de Goya. La sexualité hors normes a toujours existé. Ces actes ne font pas seulement partie de l'histoire, ils font partie de l'histoire des consciences et des âmes", estime Joel-Peter Witkin. "Mon métier est de créer des images qui montrent notre époque. Des images qui apportent de la lumière dans l'obscurité", dit-il. 
© Source AFP 

(Exposition Joel-Peter Witkin, "Enfer ou Ciel", Bibliothèque nationale de France Richelieu - 5 rue Vivienne, 75002 Paris - Jusqu'au 1er juillet). 

16.03.2012

La photographie judiciaire du voleur de la Joconde achetée 3.825 € par un Italien

La photographie d'identité judiciaire de Vincenzo Peruggia, l'ouvrier italien qui avait volé la Joconde au musée du Louvre en 1911, a été adjugée 3.825 euros à un acheteur italien, a annoncé ce vendredi la maison d'enchères parisienne Tajan, organisatrice de la vente.
La photographie, qui montre Peruggia de profil et de face, a été prise en 1909 par Alphonse Bertillon (1853-1914), inventeur de la méthode du fichage anthropométrique. L'été dernier, le personnage de Peruggia a été le héros d'une pièce de théâtre le décrivant comme un patriote. La pièce a été présentée à Dumenza, sa ville natale, en Lombardie (nord de l'Italie). (AFP)

15.03.2012

XV vs XIII / USAP vs Dragons : destins croisés...

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Tout aujourd'hui les oppose. L'USAP vit comme un cauchemar cette fin de saison en Top 14.Onzièmes du championnats, les joueurs du président Paul Goze vont devoir batailler jusqu'au bout pour éviter l'humiliation d'une relégation à l'étage inférieur.
Les Dracs, eux, crachent le feu en ce début de compétition.
Actuellement dans le top five de la Super league, les hommes du boss Bernard Guasch n'ont jamais été aussi forts. Le club n'a-t-il pas été consacré meilleure formation de la Super League la saison dernière ? Beaucoup les verraient bien cette saison décrocher le Graal. Et si cette année était celle du Dragon ?
Terre d'ovalie, Perpignan cultive le culte des deux rugby. Evocation et arrêt sur images de ces deux destins croisés à la veille du déplacement de l'USAP à Clermont et la réception de Hull KR par les Dragons.
© J.-L.B / Perpignan / Mars 2012

13.03.2012

La photo anthropométrique du voleur de la Joconde mise en vente aux enchères

joconde,photo anthropométrique,vincenzo peruggiaElle est estimée entre 1 500 et 1 800 euros. Mais sera vendue bien plus chère. Combien ? Réponse, ce jeudi 15 mars, sur le coup de 15h00. C'est en effet ce jour là que sera mise aux enchères la photo d'identité judiciaire de Vincenzo Peruggia.
Vincenzo qui ? Vincenzo Perrugia : bon sang, mais c'est bien sûr ! Le peintre en bâtiment italien qui avait volé la Joconde, le 21 août 1911.
La photographie a été réalisée deux auparavant. Par un certain Alphonse Bertillon, le fameux inventeur de la méthode de fichage anthropométrique. Lequel est appelé, en personne, à venir effectuer des relevés détaillés sur la scène "du crime" au musée du Louvre.
Et que découvre alors notre Horacio Caine de l'époque ? On vous le donne en mille. Une belle empreinte de pouce sur la vitre qui protégeait le tableau. Trop beau pour être vrai ? Sans doute. Car la police n'exploite pas l'indice. Grossière bévue des flics parisiens. Bingo : le Vicenzo était déjà fiché depuis deux ans par la police.

Pendant deux ans Perrugia cache le tableau chez lui à Paris. Histoire de se faire un peu oublier. Puis, croyant l'affaire tassée, se décide en décembre 1913 à prospecter auprès d'antiquaires italiens pour leur refourguer la Joconde.
C'est en voulant vendre la toile à un antiquaire de Florence qu'il se fait arrêter. Jugé en Italie, l'ouvrier affirme alors avoir agi par patriotisme. Pour sa peine, il écope de sept mois de prison ferme.

L'oeuvre argentique réalisée par Bertillon est de petite taille (123X54 mm). Format carte de visite. Mais devrait faire flamber les prix compte tenu de la renommée de la Joconde et l'aspect insolite du fait divers.
Le même jour, 177 autres photographies seront dispersées à la salle des ventes de l'Espace Tajan, rue des rue des Mathurins, dans le VIIIe arrondissement de Paris.

Les estimations s'échelonnent entre 300 et 40 000 euros.  

05.03.2012

Haut les mains : ou comment joindre le geste à la parole...

paul ripke,hands up,doigts,gestes,visages,codes,tribusPaul Ripke fait partie de ces photographes qui excellent dans l'art de perturber le regard. Brouiller les pistes, bidouiller dans les artefacts des grilles de lecture, est devenu, chez lui, comme une seconde nature.
Non pas tant à la prise de vue. Qu'il veut ouvertement classique. Sobre et efficace, en studio, ponctuée d'éclairages léchés.

En revanche, dès lors qu'il s'agit de conceptualiser la chose, notre homme aime à se laisser griser par le long et fastidieux travail de post production.
Avec sa série Kindskoepfe (Grands enfants) le photographe allemand s'était déjà ingénié à inverser les rôles en proposant une série de photo-montages dans lesquels les enfants jouent le rôle de parents et inversement. Troublant !
Un peu dans la même veine son projet Hands Up dresse une galerie de portraits encore plus déroutants.
Le visage, ici, disparaît au profit de la main qui reprend à son compte les éléments de langage comme autant de signes de ralliement et d'appartenance à un clan.
Révélateur de la diversité socioculturelle de nos société, son travail décrypte ces codes en adéquation avec le look de ceux qui les arborent.

Ici, une surfeuse, le corps huilé et bronzé, affiche le signe hawaïen " shaka ", signifiant " relax ", " cool ", détends-toi".
Là, deux doigts légèrement écartés expriment la proclamation de l'amour libre et la haine de la guerre sur une robe à fleurs popularisée par le mouvement hippie.
Ailleurs, plus inquiétant, on découvre un adepte de heavy metal exprimant un geste de conjuration du mauvais sort popularisé par le chanteur Ronnie James Dio. Ou encore, ce majeur outrageusement pointé en l'air par un gros aux bras tatoués, dont on imagine aisément qu'il doit afficher une capacité cérébrale inversement proportionnée à sa forte corpulence.

Volontairement réducteurs, les diptyques que Paul Ripke se veulent aussi ouvertement provocateurs. Mais nous questionnent, à l'évidence, sur nos rapports aux autres et de la perception que l'on s'en fait dans notre environnement quotidien.

22.02.2012

Tué en Syrie, le photographe Rémi Ochlik avait été révélé par Visa pour l'image

 Rémi Ochlik

Rémi Ochlik , âgé de 21 ans,  pendant le Festival Visa Pour l'image Perpignan et, plus récemment, portraituré par le photgraphe de l'AFP Lucas Mebrouk Dolega.
 © J.-L.B / Perpignan / Septembre 2004
 

" Tu m'appelles pour Rémi ? ".
" Euh ...oui "
(…) (silence) (...)
" Je suis désolé, mais, là, je n'ai rien à dire. Je suis avec toute l'équipe. Nous sommes abattus. Consternés ". Au bout du fil, Jean-François Leroy, le boss d'Images Evidence et directeur du Festival de Photojournalisme Visa pour l'image Perpignan, a la gorge nouée par l'émotion. Quelques heures plus tôt, il a appris le décès de Rémi Ochlik, touché par une roquette en Syrie lors d'une offensive de l'armée de Bachar el-Assad sur la ville d'Homs. Le jeune photographe français, tout juste âgé de 28 ans, a été tué dans le pilonnage du quartier de Baba Amro, en compagnie de la reporter de guerre américaine Marie Colvin, 55 ans, correspondante de CNN.
"J'en ai marre, je suis fatigué qu'on m'appelle chaque fois qu'un mec meurt. Tous ces photographes, malheureusement on les connaît, on les aime. "
Des sanglots dans la voix J.-F.L , ne trouve pas les mots. " Qu'est-ce que tu veux que je te dise. Rémi : on avait montré son travail sur Haïti en 20O4 à Visa pour l'Image ". 
Un sacré tremplin pour Ochlik alors âgé de 21 ans, encore étudiant à l'ICART (Institut supérieur des Carrières Artistiques), parti seul quelques mois auparavant couvrir les émeutes de Port-au-Prince. Ses photos, extrêmement fortes, font pressentir un regard singulier et une écriture très personnelle.
" Ma mère pensait que j'étais parti pour faire de l'illustration en République Dominicaine ", confiait-il à l'époque, en riant, lors d'une discussion à bâtons rompus dans le patio du Couvent des Minimes de Perpignan. 
Prises au grand angle, ses images vont à l'essentiel. Brutes de décoffrage, elles témoignent de l'horreur dans laquelle vient de sombrer Haïti. Certaines sont à la limite du soutenable. Un engagement sans concession, rare chez un photographe débutant. " Mes premières photos étaient floues. Je ne sais pas pourquoi. C'était sûrement un mélange  d'excitation et d'émotion ". Puis, au fur à mesure, Rémi prend ses marques. Affine ses cadrages. Apprend son boulot dans le sang, la boue et les larmes.
L'année suivante, Ochlik décide de franchir définitivement le pas en cofondant l'agence IP3 Press, dont l'objectif est de couvrir les événements à Paris et les conflits dans le monde. " Il avait envie de bouffer du terrain. Ce métier, il le transpirait, il l'aimait profondément " confie à l'AFP son confrère Franck Medan.
Début février, son talent est couronné par l'obtention du prestigieux World press dans la catégorie " Général news, Stories " pour son stupéfiant reportage sur les événements du Printemps arabe en Libye. " On avait prévu de manger ensemble pour fêter ça ", lâche Jean-François Leroy, toujours sous le coup de l'émotion. "Rémi, c'était vraiment un type rare. Un gars formidable ".
Flash-back. Septembre 2004. Carrure frêle, visage glabre appuyé par une barbichette naissante et un piercing sous la lèvre inférieure, Rémi Ochlik semblait à peine sorti de l'adolescence. Il avait 20 ans et était convaincu de faire le plus beau métier du monde. Confidence : " La guerre est pire qu'une drogue. Sur l'instant, c'est le cauchemar. Une fois le danger passé, on meurt d'envie d'y retourner. Il y a une force incompréhensible qui nous pousse à y revenir ".
Des propos étonnamment lucides et prémonitoires.

Voir le site de Rémi Ochlik >>>

    

12.02.2012

Le Catalan Samuel Aranda récompensé par le World Press Photo de l'année 2011

world press photo, Samuel ArandaC'est sans doute l'un des prix le plus prestigieux qui puisse être attribué à un photojournaliste. Cette semaine, le World Press Photo de l'année 2011 a été décerné au Catalan Samuel Aranda pour un image particulièrement émouvante. Elle représente une femme tenant un parent blessé dans ses bras. Ce cliché a été pris le 15 Octobre 2011, à Sanaa, à l'intérieur d'une mosquée transformée en hôpital de campagne par des opposants au régime du président Ali Abdallah Saleh. Photographe freelance, Samuel Aranda qui est représenté par Corbis Images, couvrait les événements yéménites pour le compte du New York Times. Agé de 32 ans, ce Barcelonais a commencé à faire ses premières armes photographiques à 19 ans pour des journaux catalans tels que El Periodico de Catalunya.
En 2004, il intègre le staff de l'AFP et couvre plusieurs conflits et mouvements sociaux, à la fois en Espagne, mais aussi au Pakistan, dans la bande de Gaza, au Liban, en Irak, dans les territoires palestiniens, au Maroc ou en Chine.
En 2006, son travail consacré aux immigrants africains cherchant à rallier l'Europe est récompensé par plusieurs prix. Le festival Visa pour l'image de Perpignan le propulse sur la scène internationale et ses images sont publiées dans un documentaires de la BBC.
Un pied à Barcelone et l'autre en Tunisie, Samuel Aranda collabore aujourd'hui régulièrement pour des journaux aussi réputés que The New York Times, Le Monde, Newsweek, Stern, Geo ou La Vanguardia.

08.02.2012

24 000 photos pour tenter de percer le mystère de Guernica

Guernica, PIcassoC'est l'un des tableaux les plus emblématiques de Picasso. Une des oeuvres majeures de l'art moderne. L'un des plus vibrants plaidoyers contre la répression franquiste et la barbarie nazie. 
75 ans après sa création, Guernica est sans doute loin d'avoir révélé tous ses secrets ! Peinte par Pablo Piccaso en 1937, l'immense toile de 27 m2, aujourd'hui installée au musée de de la Reine Sofia à Madrid, fait depuis le 25 janvier dernier l'objet une attention toute particulière. Grâce à un appareil photo, piloté par un robot géant de près de 5 mètres, des experts la mitraillent sous toutes les coutures à raison de 1000 photos à l'heure. But de la manoeuvre ? Numériser l'intégralité du tableau afin de pouvoir être ensuite en mesure de l'étudier avec les moyens technologiques qui ont notamment permis de mettre à jour une seconde Joconde. Jusqu'à la mi-juin, 24 000 images du tableau vont être ainsi prises. "Avec un minimun de cinq clichés différents à chaque fois", explique à El Pais, Jorge Garcia Gomez-Tejedor, chef du Département de conservation et restauration du musée madrilène. "Pour chaque prise de vue, deux seront parallèlement réalisées en infrarouge, une en ultraviolent, une avec lumière et autre multispectrale".
Toutes les photos ainsi obtenues seront ensuite superposées les unes aux autres aux fins de reconstituer une image unique. "Grâce à laquelle", s'enthousiasme-t-il , "nous pourrons alors lancer toute une séries d'études qui nous permettront de connaître comme jamais l'histoire du tableau" de Picasso.
Baptisé Pablito, ce robot unique au monde et créé sur mesure, s'acquitte chaque soir de sa tâche avec une minutie redoutable et une précision implacable. Afin de percer le mystère du processus de création de Guernica , que les seules photos réalisées à l'époque par Dora Maar ne sauraient, à ce jour, totalement révéler.

 

06.02.2012

Il entrecroise le passé et l'avenir pour réinterprêter le présent

bobby neel adams,irina wering,portraitsTroublant, le travail de Bobby Neel Adams ! Brutes de décoffrage, ses photos agencées et reconstituées ont un effet miroir déroutant. Nous renvoient une image de nous-même et de notre rapport au temps passablement dérangeant.
Gros plan sur deux visages. De la même personne. A deux époques différentes. Enfant. Et à l'âge adulte. Bobby Neel Adams cherche à faire s'entrecroiser le passé et l'avenir pour réinterpréter le présent. Intitulée Agemap, cette série de l'artiste américain s'apparente un peu à celui de la chilienne Irina Werning qui s'est attachée à re photographier ses sujets, à plusieurs années d'écart, leur demandant de reprendre exactement la même pose.
L'oeil fait alors d'incessants allers retours. Compare. Cherche les similitudes et/ou les différences. Tandis qu'ici, le résultat est immédiat. L'unicité se créé dans la duplicité. L'aspect volontairement chirurgical du montage accentue, à dessein, le sentiment de malaise.
Pas sûr, qu'à l'avenir, en jetant au réveil un regard fugace dans la glace de la salle de bain, au lendemain d'une date anniversaire, on se reconnaisse tel qu'en nous-même...