19/09/2010

Le camp de la honte et du mépris

Un no man's land battu par les vents. Un coin de nulle part aux confins de l'absurde. Une terre âpre, délavée par le sang et les larmes. L'enfermement pour tout horizon. Et l'exclusion pour unique prison. C'est ici, dans les soubassements répugnants de la honte, que furent internés plusieurs centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants.
De 1938 à 1970, le camp Joffre de Rivesaltes "hébergea" tour à tour - ce qu'un décret pris le 12 novembre de la même année qualifiait communément d'"étrangers indésirables" - Espagnols sur les chemins de la Retirada, Juifs ou Tziganes sur ceux de l'Exil.
Les 42 hectares de cet ilot F furent ensuite transformés en "centre national de rassemblement des Israélites", "centre de séjour surveillé", "Dépôt n° 162 de prisonniers de guerre de l'Axe" et, à partir de 1962, lieu de "cantonnement" de milliers de harkis et leurs familles ayant fui l'Algérie. Voués pendant des années à être détruits, les vestiges de ce camp du mépris sont aujourd'hui transformés en lieu de mémoire.
L'îlot F exhibe désormais au grand jour ses plaies béantes, ses cicatrices profondes et ses balafres absurdes. A l'occasion des journées nationales du Patrimoine, le Conseil général des Pyrénées-Orientales a entrepris, l'espace d'un week-end, de raviver la flamme vacillante du souvenir à travers diverses manifestations. Histoire de ne pas oublier les stigmates de ces douloureux épisodes du passé. © J.-.L.B / Rivesaltes/ Septembre 2010

19:41 Écrit par Jean-Luc Bobin dans DECLICS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camp de rivesaltes, retirada, enfermement, réfugiés espagnols, harkis, juifs, tziganes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

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