29/09/2010

Incursion psychédélique dans l'univers arc-en-ciel du Centre du monde

Décrétée en son temps Centre du monde par le pape du surréalisme, la gare de Perpignan et ses abords amorcent depuis plusieurs mois déjà une mue spectaculaire. Aujourd'hui à l'état de chrysalide, l'antique et pseudo dalinien noeud ferroviaire est cette fois bel et bien sur le point de basculer dans la quatrième dimension. Trois dates au moins à retenir. Trois rendez-vous à prendre en compte dans la (longue !) liste de ceux qui ont jalonné l'histoire (mouvementée !) de la ligne TGV entre Paris et Barcelone. Le 11 décembre 2010 un premier train empruntera très officiellement le tunnel du Perthus entre Figueres et Perpignan. Et c'est le lendemain, le 12, que sera commercialisé par la SNCF le voyage entre Paris et la capitale de l'Alt Empurda. Rien de très précis pour l'instant. Le service com de la "Seuneuceufeu" reste pour l'heure assez discret sur le sujet. Aucune info sur les tarifs et les horaires. Seule certitude : il y aura - dans un premier temps du moins - deux allers-retours quotidien. Troisième date enfin : le 30 novembre.
C'est ce jour-là que sera coupé le ruban d'El Centre del Món, le méga complexe
de 27 500 m² qui abritera bureaux et centres commerciaux à proximité de l'hôtel d'Agglo. Les travaux vont aujourd'hui grand train. Il n'est qu'à flâner, le nez en l'air, aux abords du boulevard Saint-Assicle, pour voir à quel point la métamorphose est impressionnante. Un vrai feu d'artifice architectural et pyschédélique qui, avec le futur théâtre de l'Archipel conçu par Jean Nouvel, fait définitivement entrer Perpignan la Catalane dans le wagon de la modernité.

© J.-L.B / Septembre 2010

18:23 Écrit par Jean-Luc Bobin dans DECLICS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : perpignan, gare, tgv, architecture, centre du monde, dali | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

27/09/2010

Etat d'urgence au Pakistan

pakistan.jpgC'est la pire catastrophe naturelle à laquelle les Nations Unies ont été confrontées en 65 ans d'existence. Dixit Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations-Unies. Touché de plein fouet par les pluies torrentielles d'une mousson exceptionnelle, le Pakistan est aujourd'hui exsangue. Les chiffres sont effarants. Donnent le vertige. 10 millions de personnes sont toujours sans abris. Sur les 170 millions d'habitants que compte le pays, plus de 12 millions d'entre-eux ont un besoin urgent d'aide. Mais les organisations humanitaires peinent à susciter les élans de solidarité. Y aurait-il des pays davantage dignes de compassion que d'autres ? Exit le formidable impact médiatique créé autour du Tsunami asiatique ou du tremblement de terre en Haïti. Les Talibans et Al Qaïda n'y sont sans doute pas étrangers. N'empêche ! Reste, malgré tout, quelques trop rares clichés. Pour monter et témoigner. De ces fugaces instants d'un quotidien aujourd'hui devenu enfer. A l'image de cette photo empreinte d'émotion. Celle d'une grand-mère réfugiée dans le camp de Sukkur, épuisée et alitée, caressant tendrement celle de son petit-fils, tout juste âgé de trois jours.
© AFP photo/ Adek Berry

18:05 Écrit par Jean-Luc Bobin dans L'IMAGE DE LA SEMAINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pakistan, mousson, pluie, camp, grand-mère, enfant, mains | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

19/09/2010

Le camp de la honte et du mépris

Un no man's land battu par les vents. Un coin de nulle part aux confins de l'absurde. Une terre âpre, délavée par le sang et les larmes. L'enfermement pour tout horizon. Et l'exclusion pour unique prison. C'est ici, dans les soubassements répugnants de la honte, que furent internés plusieurs centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants.
De 1938 à 1970, le camp Joffre de Rivesaltes "hébergea" tour à tour - ce qu'un décret pris le 12 novembre de la même année qualifiait communément d'"étrangers indésirables" - Espagnols sur les chemins de la Retirada, Juifs ou Tziganes sur ceux de l'Exil.
Les 42 hectares de cet ilot F furent ensuite transformés en "centre national de rassemblement des Israélites", "centre de séjour surveillé", "Dépôt n° 162 de prisonniers de guerre de l'Axe" et, à partir de 1962, lieu de "cantonnement" de milliers de harkis et leurs familles ayant fui l'Algérie. Voués pendant des années à être détruits, les vestiges de ce camp du mépris sont aujourd'hui transformés en lieu de mémoire.
L'îlot F exhibe désormais au grand jour ses plaies béantes, ses cicatrices profondes et ses balafres absurdes. A l'occasion des journées nationales du Patrimoine, le Conseil général des Pyrénées-Orientales a entrepris, l'espace d'un week-end, de raviver la flamme vacillante du souvenir à travers diverses manifestations. Histoire de ne pas oublier les stigmates de ces douloureux épisodes du passé. © J.-.L.B / Rivesaltes/ Septembre 2010

19:41 Écrit par Jean-Luc Bobin dans DECLICS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camp de rivesaltes, retirada, enfermement, réfugiés espagnols, harkis, juifs, tziganes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

15/09/2010

Gueules d'ovalie

Certains, arborent sans sourcilier en guise de trophée une arcades rapiécée. D'autres, tentent sans fausse coquetterie de masquer sous le bandeau une oreille mal cicatrisée. Pif-paf : et là; un nez cassé. Plif-plaf : une baffe par-çi, une empoignade virile par-là. Gaffe aux têtes claques ! Au risque d'en prendre plein la tronche. Gueules de grognards suturés de part en part, ils sont les dignes descendants des Poilus d'antan. Respect à vous, vous les durs à cuire de la terre d'Ovalie.
© J.-L.B / Perpignan / Stade Aimé Giral

15:50 Écrit par Jean-Luc Bobin | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rugby, portraits, gueules, xv, ovalie, galerie, gif animé | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

08/09/2010

Réformes des retraites : Sarko se met la rue à dos !

topshots.jpg1,1 pour les uns. 2,7 pour les autres. Du simple à plus du double ! Certes pas facile à chiffrer. N'empêche ! Selon que vous soyez syndicaliste ou préfet de police...
Le million, tout de même, comme unité de valeur.  « Tous ensemble, tous ensemble » : à tue-tête dans la rue. A battre le pavé à l'unisson. En une immense carmagnole-farandole. Et lui; lui, tout seul perdu dans ses pensées. Seul dans un face à face décalé. Plus bonnet phrygien coiffant la rebelle Marianne, que perruque poudrée portée par un petit marquis jouant à colin-maillard dans les salons de Versailles. La Bastille, à deux pas, toise la scène sans s'en émouvoir. Un peu blasée d'en avoir tant vu avant.
« Ah ça ira, ça ira, ça ira : les aristocrates battent en re-trai-teuuuuuuu » !!!!! © AFP Photo / Joël Saget

 

18:40 Écrit par Jean-Luc Bobin dans L'IMAGE DE LA SEMAINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manifestation, paris, retraites, sarkozy, bastille | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

06/09/2010

Un séquoia géant dans l'église des Dominicains de Perpignan

C'est l'un des chocs visuels les plus impressionnants de cette 22 e édition du festival Visa pour l'image. La photo d'un séquoia géant de 100 mètres de haut, âgé d'au moins 1500 ans, trône, en effet, majestueux, dans la nef de l'église des Dominicains de Perpignan. Cette image, donnée pour être la plus grande du monde, fait partie du reportage de Michael Nichols effectué pour le National Geographic sur ces arbres légendaires aujourd'hui menacés. Le constat est édifiant. « En un siècle, l'homme a abattu 95 % de la plus grande forêt de la côte califorienne », rappelle en préambule le photographe. Laissant derrière lui « un héritage de cours d'eau pollués et de terres mutilées ». Pour parvenir à immortaliser dans son intégralité et sans distorsion, le colosse du Parc National de la Prairie de Creek Redwoods en Californie, Nichols a utilisé un appareil gyroscopique équipe de 3 objectifs. Il lui fallut trois semaines d'essais pour peaufiner la séance de prise de vue. Le cliché final est constitué de 84 images différente. Une authentique prouesse technologique dont Nichols est désormais coutumier du fait...
© J.-L.B / Perpignan / Septembre 2010

19:50 Écrit par Jean-Luc Bobin dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : visa pour l'image, photojournalisme, perpignan, michael nichols, national geographic, séquoia, arbre, forêt | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

03/09/2010

Prison valley décroche le prix du Webdocu du festival Visa pour l'image

prison-valley.jpgLe prix France24-RFI du webdocumentaire, décerné depuis deux ans dans le cadre du festival du photojournalisme Visa pour l'image, a été attribué cette semaine à Philippe Brault et David Dufresne pour leur reportage Prison Valley.
Ce documentaire, produit par Upian et coproduit par Arte.tv, nous entraîne dans l'état du Colorado aux Etat-Unis. A Cañon city plus précisément, un comté de 36 000 personnes, un bout de nulle part sinistré sur le plan économique, qui rassemble pas moins de 13 prisons. Dont la fameuse « Supermax », la nouvelle Alcatraz américaine. Une ville prison où « même ceux qui vivent dehors, vivent dedans », expliquent les auteurs. « Elle préfigure ce qui pourrait bien être le monde du futur ».
Photographe au sein du collectif l'Oeil public, Philippe Brault est à l'origine du projet. « Prison valley : la version clean de l'enfer ». Ce titre, entr'aperçu dans la presse, est l'élément déclenchant. De quoi aviver sa curiosité et lui donner envie d'aller voir ce qu'il y a réellement derrière les barbelés. Brault embringue alors dans l'histoire David Dufresne, journaliste indépendant, passé par le service société de Libé, puis sur le web aux débuts de l'aventure Mediapart. Les deux compères se rendent à deux reprises sur place. Pour deux tournages de trois semaines réalisés entre juin et septembre 2009. Au retour : c'est plusieurs dizaines d'heures de rushes vidéo, d'interviews, de sons, de notes et des milliers de photos qu'il faut visualiser, écouter, trier, éditer. Un travail colossal. Le montage, étape décisive dans ce genre de narration, est confié à Cédric Delport.
Ecrit à la manière d'un road movie, cette enquête se décline sous plusieurs formes. D'abord, un film classique de 59 minutes que l'internaute peut visualiser de bout en bout s'il opte pour le récit linéaire. Mais, plus intéressant - et c'est ce qui fait l'originalité du support ! - on peut aussi préférer opter pour une navigation plus interactive et participative à travers des modules indépendants.
« Nous avons souhaité récompenser un projet documentaire engagé dont la mise en forme était spécialement conçue pour le web et les nouvelles formes de support de photojournalisme », a déclaré Samuel Bollendorff, président du jury, en remettant leur Visa d'or à Philippe Brault et David Dufresne.
Un webdocu passionnant, tant sur le fond que dans la forme, à voir et à revoir sur Arte.tv.
© Philippe Brault /David Dufresne