04/04/2012

New York / Venise : dans les pas d'Elliott Erwitt

© J.-L.B / New York, mai 2011 / Venise, mars 2012.

Il est parfois des clins d'oeil du hasard qui laissent pantois !
New-York, mai 2011, 6e avenue. En vitrine du Centre international de la photographie, une affiche géante annonce en larges lettres blanches une rétrospective consacrée à l'oeuvre d'Elliot Erwitt, l'un des derniers survivants de la génération dorée des photojournalistes du XXe siècle.
Cinq ans auparavant, le festival Visa pour l'image lui avait rendu un vibrant hommage à Perpignan. Un authentique coup de foudre. 
Pas d'hésitation donc à avoir. Vite, pénétrer à l'intérieur du bâtiment pour chercher à en savoir un peu plus. Fou ! C'est le jour du vernissage. Dingue ! Erwitt en personne est annoncé. Il est même prévu qu'il se soumette à une séance de dédicace. Impossible de laisser filer pareille occasion.
A l'heure prévue, l'ex-"monstre sacré" de l'agence Magnum arrive d'un pas lent accompagnée d'une jolie assistante qui le soutient par le bras. A 83 ans, ce fils d'émigrés russe, né en France en 1928 avant de trouver refuge à New York à la veille de la seconde guerre mondiale, a la démarche un peu hésitante mais le regard pétillant de malice. A l'image de ses photos toujours empreintes d'ironie et en quête du fortuit. 
Un peu ému, je lui tend le livre qui retrace ses cinquante ans de carrière pour qu'il y dépose son élégant paraphe. Délicieux moment agrémenté d'une coupe de champagne rosé !
Venise, mars 2012. Piazza San Marco. Une bâche colorée apposée en façade du musée Correr signale une exposition consacrée au peintre autrichien Klimt à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance. Tiens, tiens ! Sur place, placardée en vitrine, une petite affiche noir et blanc d'une vue connue de Manatthan (celle du bouquin "Personal Best") indique la tenue d'une expo photo d'Elliot Erwitt. La même qu'à New York. Drôle de jeu de piste. Les choses en restent néanmoins en l'état. L'ombre d'Erwitt disparaît alors dans les drapés voluptueux de Klimt.
Deux jours plus tard, fin de journée. Une douce lumière irradie la lagune. Le temps idéal pour s'en aller glaner quelques clichés sur l' île de la Giudecca. Lorsque soudain, en arrivant en bout de jetée, à hauteur d'un superbe palais vénitien, le regard est attiré par un petit attroupement qu'un carabinieri tente timidement de juguler. Bizarre. En pressant le pas et en arrivant sur place, la silhouette d'un vieil homme, légèrement voûtée, se détache de la foule. Non : c'est pas vrai. Si ! Incroyable. C'est bien lui. Lui, l'infatigable Erwitt !
Juste le temps de clique-claquer à la volée une nouvelle photo et il disparaît dans le porche d'un hôtel tout proche, toujours sous belle escorte.
Eternel Erwitt ! A quand - et où - la prochaine rencontre impromptue au détour d'une rue ?...


19:11 Écrit par Jean-Luc Bobin dans DECLICS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elliott erwitt, venise, venizia, magnum, photojournalisme, visa pour l'image perpignan, new york | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

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