17/04/2012

Massoud Hossaini distingué par le Pulitzer pour la photo de cette fillette en pleurs après un attentat suicide à Kaboul

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Le photographe de l'AFP Massoud Hossaini a été distingué cette semaine à New York par un prix Pulitzer, l'une des récompenses américaines les plus prestigieuses en matière de journalisme, pour la photo d'une fillette en pleurs après un attentat suicide à Kaboul en décembre.
Ce prix, dans la catégorie "photographie breaking news", récompense la photo "déchirante d'une fillette pleurant de peur, après un attentat suicide à Kaboul", a précisé le jury.
C'est la première fois que l'AFP remporte un prix Pulitzer. "Une simple photo, fascinante, dont on se souvient longtemps", a déclaré lors d'une conférence de presse le responsable du prix, Sig Gissler. Dans un message de félicitations, le PDG de l'Agence France-Presse, Emmanuel Hoog, a estimé que "le prix Pulitzer qui honore cette année l'un des plus courageux et brillants journaliste-photographes de l'AFP, Massoud Hossaini, montre combien notre exigence de qualité et d'engagement couvre et doit couvrir toutes les disciplines du talent journalistique d'aujourd'hui. Bravo et félicitations à Massoud Hossaini". "Aujourd'hui, dans le domaine de l'information, le texte sans image est pauvre, l'image sans texte est insuffisant, les deux rassemblés - et pour l'image, qu'elle soit fixe ou animée - constituent l'exigence journalistique du XXIe siècle", a-t-il ajouté. De son côté, Massoud Hossaini s'est dit "extrêmement heureux d'être le premier Afghan à remporter un Pulitzer". "Je suis aussi honoré d'être un Afghan qui puisse témoigner de la vie et des moments difficiles auxquels les gens font face ici. Je sais que quiconque verra cette photo pensera d'abord au photographe, mais j'espère vraiment qu'ils n'oublieront pas la souffrance endurée par le peuple d'Afghanistan".
Massoud Hossaini, 30 ans, photographe du bureau de l'AFP dans la capitale afghane, y couvrait une procession chiite le 6 décembre dernier lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser. "Je couvrais les célébrations de l'Achoura, au cours desquelles des hommes se flagellent avec des chaînes (terminées par des lames), quand soudain il y a eu une énorme explosion", avait à l'époque raconté le photographe. Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées pour assister à la procession, près d'un sanctuaire chiite dans le centre-ville. "Les gens s'enfuyaient et moi je courais dans le sens inverse", avait ajouté Massoud Hossaini, qui s'était précipité vers le lieu de l'explosion, survenue quelques dizaines de mètres derrière lui pendant qu'il photographiait la procession. "Immédiatement, j'ai vu de nombreux corps par terre, beaucoup de gens en pleurs, d'autres prenaient des photos ou des films avec leurs téléphones portables, des gens criaient "A mort Al-Qaïda!", +A mort les talibans!"".
L'attentat avait fait près de 70 morts, le plus meurtrier en Afghanistan depuis un attentat contre l'ambassade d'Inde en juillet 2008. "Au bord de la chaussée, non loin de la mosquée, il y avait un endroit où des femmes et des enfants étaient rassemblés pour regarder la procession. J'ai vu de nombreux enfants blessés, qui ne bougeaient pas", selon le photographe. "J'ai vu une fillette d'une douzaine d'années, Tarana, totalement en sang, elle ne savait pas quoi faire (...) elle pleurait beaucoup". C'est elle qui figure sur la photo qui a valu le Pulitzer à Massoud Hossaini. Cette photo lui avait déjà valu d'être distingué au World Press Photo Award 2011, en février dernier, avec le deuxième prix dans la catégorie "Information". 

16:45 Écrit par Jean-Luc Bobin dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photojournalisme, kaboul, afghanistan, massoud hossaini, pulitzer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

23/08/2010

Iphonereporter de guerre en Afghanistan

GUTTENFLEDER.jpgPhotographier une offensive des marines US en Afghanistan avec un Iphone : fallait oser ! David Guttenfelder s'y est risqué.
Faut dire que le gars n'est pas du genre à avoir froid au yeux. Il est, ce qu'il est convenu d'appeler, une pointure dans le milieu des reporters de guerre. Né en 1969 dans l'Iowa, il est aujourd'hui basé à Tokyo, où il assume la responsabilité du département Asie de l'agence Associated press. Photojournaliste depuis le début des années 90, son travail a été récompensé par six World press photo Award. Voilà : vite fait, quelques éléments de son CV jetés à la volée pour camper le personnage. Raconter la guerre : autant dire que David sait faire ! Ce job d'agencier : ça le connait. A en juger par les stigmates laissés sur ses boîtiers et zooms Canon : il n'est ni du genre à ménager l'homme ni son matos. Être vif, réactif, savoir anticiper, se trouver toujours là au bon moment ; informer, transmettre : c'est son lot quotidien lorsqu'il est sur le terrain. Mais Guttenfelder se complaît aussi parallèlement à prendre des chemins de traverse. Emprunter des itinéraires buissonniers. Une fois, il opte pour le noir et blanc. Une autre, il s'astreint à n'utiliser qu'une seule et même focale. Ou alors, explore d'autres champs, d'autres angles avec tel ou tel autre appareil. Il appelle ça son « side project ». Son « projet annexe ». Au printemps dernier, il est amené à suivre les troupes américaines dans la province du Helmand, dans le sud afghan. Sa mission ? Couvrir les opérations militaires et photographier les combats. Dans une des poches de son treillis, il trimballe un iphone acheté quelques semaines plus tôt à Tokyo. Plusieurs jours durant, il s'était amusé à shooter des scènes de rues entre son domicile et son bureau en utilisant la fonction "Shake it photo" qui produit des images semblables à des Polaroids. Pourquoi ne pas tenter d'en faire autant ? Faire comme ces marines qui immortalisent ces petits instants de leur vie quotidienne pour avoir des souvenirs à montrer à leur famille ou à leur amis. De retour à Kaboul, Guttenfelder ne conserve qu'une trentaine de clichés sur la centaine qu'il a réalisés. AP trouve l'idée intéressante et les publie sur son site internet. Ses images
font le tour du monde. Le « ramdam » qu'elles suscitent est phénoménal. La presse et les galerie en ligne amplifient l'écho. Ouvrent des débats passionnés entre blogueurs et photojournalistes.

Une rétrospective des reportages en Afghanistan de David Guttenfelder sera projetée à Visa pour l'Image Perpignan, le 4 septembre à 21h45 au Campo Santo et sera retransmise sur la place de la République.
© David Guttenfelder / AP/ SIPA Press

19:50 Écrit par Jean-Luc Bobin dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : visa pour l'image, photjournalisme, guerre, afghanistan, polaroïd, iphone | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |