14/10/2010

L'expo de Larry Clark interdite aux – de 18 ans aurait elle pu être montrée à Céret ou Perpignan ?

Un couple fait l'amour dans une baignoire. Une fille caresse le sexe d'un garçon. Une autre le masturbe. Deux jeunes, nus dans un lit, se font un fix d'héroïne. Un post-ado joue avec un flingue...
Ces images tournent en boucle sur internet depuis une semaine. Elles font partie d'une exposition du musée d'art moderne de la ville de Paris (MAM) consacrée au photographe américain Larry Clarke. Une rétrospective, qui au-delà de l'aspect extrêmement cru de sa narration, fait aujourd'hui naître la polémique; les responsables administratifs et culturels de la ville de Paris - Bertrand Delanoë en tête ! - ayant décidé d'en interdire l'entrée aux moins de 18 ans.
Une telle exposition aurait-elle pu être montée dans les P.-O ?
Perpignan, considérée comme la capitale du photojournalisme, serait, en effet, légitimement en droit de pouvoir abriter sur ses cimaises cette monographie portant sur le désœuvrement d'une partie de la jeunesse américaine du fin fond de l'Oklahoma au cœur des années soixante.
Ne dédaignant pas à l'occasion scénographier  certaines oeuvres érotiques, le musée d'art moderne de Céret aurait également, quant à lui, très bien pu être confronté à telle situation.

"Est-ce que j'aurais exposé Larry Clark à Perpignan ? Je me suis évidemment posé la question. Très franchement, je n'ai pas la réponse. Mais associer le travail de Larry Clark à de la pédophilie et de la pornographie, c'est du grand n'importe quoi", s'offusque Jean-François Leroy, le directeur du festival Visa pour l'image.
"Le livre Tulsa, dans lequel ont été publiées ces photos, a longtemps été l'un de mes livres de chevet quand j'avais 15 ou 16 ans. Je trouve particulièrement choquant la décision d'interdire cette expo aux moins de 18 ans. Les mômes sont aujourd'hui confrontés à bien pire, notamment sur le net".
Son de cloche et approche identique chez Joséphine Matamoros, la conservatrice du musée d'art moderne de Céret.
"Je ne dis pas que j'aurais exposé Larry Clark. Je ne sais pas ce que j'aurais fait. Mais d'une manière générale je suis contre le principe d'interdire à qui que ce soit le droit d'entrer dans un musée. L'art, pour moi, c'est avant tout la liberté. J'ai déjà exposé des oeuvres érotiques à Céret. Mais on a alors fait en sorte de ne pas les présenter à des groupes scolaires ou de les placer dans un lieu à fort passage. Moi, personnellement, cette interdiction aux moins de 18 ans me gêne. Les avertissements d'usage, précisant notamment que certaines images pourraient heurter les jeunes publics, me semblent suffisants. Il faut responsabiliser les gens. Chacun est libre. A 17 ans, les jeunes sont très mûrs. Et des gamins de 10/11 ans ne vont pas seuls au musée. C'est aux parents de décider. D'y aller d'abord. Et de juger ensuite ".
Pour justifier leur décision les responsables du MAM indiquent avoir surtout voulu se prémunir contre d'éventuels recours en justice. Un argument que récusent les opposants à l'interdiction, jugeant que dans les domaines artistiques, la censure "ne s'applique pas a priori. Elle ne peut intervenir qu'en cas de plainte a posteriori".
En attendant : on aura jamais autant parlé de ces photos depuis leur publication en 1963.
Interdites de musées aux moins de 18 ans, elles naviguent aujourd'hui, de liens en liens, sur tous les "murs" et "profils" Facebook des ados de la planète.

17:19 Écrit par Jean-Luc Bobin dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : larry clark, mam, musée d'art moderne, tulsa, censure, interdiction, perpignan, céret, jean-françois leroy, joséphine matamoros | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

26/08/2010

Visa pour l'image : Leroy part en guerre contre l'esthétisation de l'information

A la veille de l'ouverture de la 22e édition du photojournalisme, qui se déroule cette année du 28 août au 12 septembre, Jean-François Leroy s'insurge. Le directeur du festival international part en guerre contre les dérives d'une utilisation abusive des courbes photoshop.
Bien décidé à traquer tous ceux qui seraient enclins à « dramatiser » ou « esthétiser » l'information par le biais de logiciels de retouche d'image, il envisage, désormais, d'erriger en principe l'obligation faite aux photographes de lui fournir les fichiers bruts (raw) de leurs clichés s'ils veulent être exposés ou projetés. « J'ai exclu un reportage sur Gaza car c'était carrément Hollywood », confie-t-il.

Interview au pas de charge. Moteur : ...
© J.-L.B /Perpignan/Août 2010


19:39 Écrit par Jean-Luc Bobin | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : visa pour l'image, photojournalisme, perpignan, jean-françois leroy, photo, reporter, reportages | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |