23/03/2011

Avec les réfugiés espagnols au coeur du camp d'Argelès

Une vieille traction avant est stationnée devant l'entrée du camp. Deux tirailleurs sénégalais blaguent avec un gendarme en faction derrière les barbelés. A l'extérieur : une file d'hommes, de femmes et d'enfants, est soumise à une fouille au corps sans ménagement de la part des militaires français.

Hiver 1939. Plusieurs centaines de milliers de réfugiés espagnols ont franchi les Pyrénées en direction de la France. Pour nombre d'entre eux le chemin de l'exil passera par l'humiliant internement sur une plage d'Argelès-sur-Mer.
Printemps 2011. Porte voix en main, Felip Solé donne ses dernières consignes à son chef opérateur. Le réalisateur barcelonais, auteur de plusieurs fictions et documentaires historiques sur le sujet (" Zona roja ", " Camp d'Argelers "), est aujourd'hui de retour dans les P.-O pour le tournage d'un téléfilm retraçant l'épopée de ces républicains depuis la chute de Barcelone, jusqu'à la libération de Paris sur les chars de la division Leclerc, en passant par la résistance dans les maquis français.
Intitulée " Tornarem " (" Nous reviendrons ") cette saga de trois heures en deux épisodes, articulée autour d'une torride histoire d'amour, sera diffusée sur TVE et TV3. Des pourparlers seraient par ailleurs en cours avec des chaînes de la télévision française.
A suivre donc...

 © J.-L.B / Argelès-sur-Mer / Mars 2011

19/09/2010

Le camp de la honte et du mépris

Un no man's land battu par les vents. Un coin de nulle part aux confins de l'absurde. Une terre âpre, délavée par le sang et les larmes. L'enfermement pour tout horizon. Et l'exclusion pour unique prison. C'est ici, dans les soubassements répugnants de la honte, que furent internés plusieurs centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants.
De 1938 à 1970, le camp Joffre de Rivesaltes "hébergea" tour à tour - ce qu'un décret pris le 12 novembre de la même année qualifiait communément d'"étrangers indésirables" - Espagnols sur les chemins de la Retirada, Juifs ou Tziganes sur ceux de l'Exil.
Les 42 hectares de cet ilot F furent ensuite transformés en "centre national de rassemblement des Israélites", "centre de séjour surveillé", "Dépôt n° 162 de prisonniers de guerre de l'Axe" et, à partir de 1962, lieu de "cantonnement" de milliers de harkis et leurs familles ayant fui l'Algérie. Voués pendant des années à être détruits, les vestiges de ce camp du mépris sont aujourd'hui transformés en lieu de mémoire.
L'îlot F exhibe désormais au grand jour ses plaies béantes, ses cicatrices profondes et ses balafres absurdes. A l'occasion des journées nationales du Patrimoine, le Conseil général des Pyrénées-Orientales a entrepris, l'espace d'un week-end, de raviver la flamme vacillante du souvenir à travers diverses manifestations. Histoire de ne pas oublier les stigmates de ces douloureux épisodes du passé. © J.-.L.B / Rivesaltes/ Septembre 2010

19:41 Écrit par Jean-Luc Bobin dans DECLICS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camp de rivesaltes, retirada, enfermement, réfugiés espagnols, harkis, juifs, tziganes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |