05/06/2011

Gospel

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Un dimanche matin. En plein cœur de Harlem. Un ancien théâtre reconverti en église baptiste.
Sur scène, une femme pasteur harangue l'assistance, pour l'essentiel constituée de fidèles de la communauté noire new-yorkaise et de quelques touristes – blancs ! – surtout venus en " curieux ".

"Glory, Glory, Glory. Aléééluiiiiiaaaaaaa", entonne l'évangéliste.
"Eéééééééémène", répond en chœur la chorale de femmes située derrière elle.
"Oh my Loooooord", "Oh my Lord, I know you're love to be true", poursuit l'évangéliste. L'orchestre enchaîne. Piano, harmonium, guitare basse et batterie.
La salle entre alors en transe. Debouts, hommes, femmes, enfants, lèvent les bras. Les balancent de gauche à droite. Paumes de mains grandes ouvertes, le regard perdu vers l'au-delà, tous reprennent le psaume en chantant à tue-tête.
Cris, rires et pleurs ponctuent ainsi, deux heures durant, cet office religieux aux allures de concert.

"God bless you all".
"Eééééémène"...

© J.-L.B / NYC / Mai 2011 

18:32 Écrit par Jean-Luc Bobin dans NEW-YORK CITY | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : new-york, etat-unis, manhattan, gospel, negro spiritual, religion, evangéliste, baptiste | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |

05/02/2011

Mourir à Bénarès

 C'est une ville en dehors du temps. L'une des plus anciennes d'Inde. Une ville sacrée. Une mégapole de plus de 3 millions d'habitants. Une ville à la toponymie chantante. Bénarès, Vârânasî, Kâshî : trois mêmes noms pour une ville sainte. C'est une ville où l'on vient mourir. Une cité de fin du monde où y est transcendé le passage de vie à trépas.

Pour les hindous, s'y faire incinérer c'est pouvoir enfin rompre avec le cycle des réincarnations pour accéder au Nirvana. 
Déambuler le long des ghâts, ces immenses escaliers en pierre qui plongent dans les eaux troubles du Gange, est un authentique choc. Une décharge sensorielle qui ne laisse pas indemne.
De l'aube au couchant, une foultitude d'hommes, de femmes, d'enfant et vieillards y vient manger, prier, s'y immerger, s'y laver. 
Dans le brouhaha lancinant des clochettes et percussions accompagnant les incantations des prêtres, la vision des crémations ajoute au trouble.
Dans l'odeur âcre des bûchers et des fumées d'encens, Bénarès, ville poubelle à ciel ouvert que disputent aux Etres humains, vaches rats et chiens, vous prend alors subitement à la gorge.
Une étreinte puissante, oppressante et bouleversante qui laisse nécessairement aux tréfonds de l'âme comme une empreinte indélébile.

© J.-L.B / Bénarès / Novembre 2009 

 

19:30 Écrit par Jean-Luc Bobin dans DECLICS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inde, bénarès, varanasi, hindhou, hindhouisme, religion | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | Pin it! | | |