Un photographe de l'agence VU dans le coma

DAVID SAUVEUR, PHOTOGRAPHE, AGENCE VUIl revenait de Libye. Il avait "couvert" l'Afghanistan, Israël, la Palestine, le Liban, les Balkans, la Grèce ou encore le Sierra Léone. Au début du mois d'août, il passait quelques jours de vacances à Collioure. En toute insouciance. Ce soir-là, il était aux alentours de 2 heures du matin. David Sauveur déambulait dans les ruelles de Collioure. Appareil photo en main. En quête d'une image fugace à saisir. Lorsque brusquement tout a basculé. Violemment agressé par plusieurs hommes, le photographe de l'agence VU est roué de coups, projeté à terre (lire par ailleurs >>>).
Victime d'un traumatisme crânien, il est évacué sur le centre hospitalier de Perpignan. Plongé depuis dans le comas, il est aujourd'hui entre la vie et la mort.

" Une boue qui me donne envie de vomir "

" Les médecins ne peuvent pas se prononcer. Son état est toujours extrêmement critique. Le pronostic vital est engagé. Rien ne permet pour l'instant d'espérer qu'il nous revienne", confie sa mère totalement effondrée. "C'est un fait-divers sordide. On est dans le minable. C'est une boue qui me donne envie de vomir ", poursuit-elle. " Ce qui me trouble, qui m'interpelle et j'y vois là quelque chose de symbolique : c'est que David est là, allongé inconscient sur un lit d'hôpital, à Perpignan, en plein mois d'août, alors que doit s'ouvrir dans quelques jours le festival du photojournalisme. Je ne crois pas au hasard. J'y vois une connexion extrêmement forte ". Et la mère de David Sauveur d'évoquer son souhait que puisse être rendu, sous une forme ou sous une autre, hommage à son fils pendant la tenue de Visa pour l'Image.

Jean-François Leroy : " C'est ignoble "

" Ce qui est arrivé à David est absolument dramatique. Ignoble, révoltant, scandaleux ", répond Jean-François Leroy, le directeur de Visa pour l'Image" Mais c'est un fait divers tragique. Or cette année, quatre photojournalistes ont été tués en exerçant leur métier ".

En avril dernier, en Libye, Tim Hetherington (Vanity Fair) et Chris Hondros (Getty), sont tombés au front, victimes de tirs de mortier dans la ville assiégée de Misrata. Également en avril et toujours en Libye, c'est le Sud-Africain Anton Hammerl qui était mortellement blessé par les forces de Kadhafi.. Enfin, en janvier dernier, Lucas Dolega, jeune photographe de l'agence européenne EPA, décédait des suites de ses blessures, victime d'un tir tendu de grenade reçu pendant les événements tunisiens.
" C'est très embarrassant comme situation ", confie Jean-François Leroy. " Comprends bien que je ne peux malheureusement pas tout mettre sur le même plan. Des photographes victimes d'agression ou d'accidents de la route, il y en a tous les jours. Et puis, même s'il est dans le coma, David est toujours en vie. Sache en outre qu'on a déjà eu l'occasion de projeter son travail lors de précédentes éditions. On suit bien sûr  de près l'évolution de son état de santé et je croise les doigts pour qu'il s'en sorte " .
Agé de 37 ans David Sauveur est né à Dinard et vit à Paris. Récompensé par plusieurs prix, ses reportages sont diffusés par l'agence VU créée par Christian Caujolle. Lequel dit de lui : " Il est tiraillé entre son envie de témoigner des chaos du monde et des recherches plus plastiques sur le paysage et la ville. Il mène donc en parallèle des travaux fort différents dans leur facture et leurs enjeux, mais qui se retrouvent dans un questionnement des possibles et des fonctions de la photographie ".

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Écrit par Jean-Luc Bobin Lien permanent | Commentaires (0)

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